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Chaudière 8 min 22 août 2026 page complète

Vincent Ferrand Rédacteur technique

Themaplus Saunier Duval : F25 n'est pas une panne, c'est le nom de l'appareil

F25, F30, F35, puis F26, F31, F36 : ce que désignent ces références, la puissance réelle de chaque Themaplus, le prix posé relevé en août 2026 et les pannes de la gamme.

En bref

Themaplus désigne une famille de chaudières murales au gaz, pas un appareil, et F25 n'est pas un code de défaut : c'est une référence de catalogue. La lettre dit l'évacuation, F pour ventouse et C pour cheminée, et le nombre donne la puissance en eau chaude, jamais celle du chauffage. Une Themaplus Condens F 25 chauffe à 18,1 kW et monte à 25,5 kW au robinet. Posée, comptez 3 000 à 4 500 €.

Deux inscriptions sur la même chaudière

Un défaut Saunier Duval s’affiche à l’écran, toujours derrière un F : F.28, F.22 ou F.323 sur la génération courante, F5 ou F14 sur les gammes plus anciennes. Il clignote. Ce qui est sérigraphié sur la façade, lui, n’a jamais rien signalé de sa vie : Themaplus Condens F 25.

F 25, F 30 et F 35 sont des noms de modèles.

Aucune notice du constructeur ne documente de défaut sous ces libellés. Un code s'affiche à l'écran ; celui-là est peint au pochoir.

La confusion tient à peu de chose. Quand la chaudière s’arrête, on note ce qu’on a devant soi, et on a les deux à la fois : le code clignote, la référence est écrite à trente centimètres au-dessus. Les codes de la marque tiennent dans une liste fermée, et elle ne contient ni F25, ni F30, ni F35.

La référence, elle, se décode. Chacun de ses morceaux dit quelque chose.

Themaplus Condens F 25 murale, chauffage et eau chaude à condensation ventouse (un C : cheminée) 25 kW au robinet, pas aux radiateurs
La lettre commande le percement de façade, le nombre commande le débit de douche. Ni l'une ni l'autre ne parle des radiateurs.

Le nombre annonce l’eau chaude, pas le chauffage

Les fiches produit escamotent ce point, et il pèse lourd au moment de choisir. On lit partout qu’une F 25 est une chaudière de 25 kW. Sa notice d’installation dit autre chose.

18,1 kW la puissance de chauffage d'une Themaplus Condens F 25. Les 25 de son nom, c'est son débit d'eau chaude.

Une chaudière double service mène deux métiers avec un seul brûleur. Chauffer une maison réclame peu de puissance, mais sans interruption de novembre à mars ; remplir une baignoire réclame une pointe brutale, huit minutes, deux fois par jour. Le constructeur dimensionne sur la pointe. Et c’est la pointe qu’il écrit sur le capot.

ModèleChauffage, mini à maxiEau chaudeDébit à 30 °C d’écartMini-accumulation
Themaplus Condens F 254,9 à 18,1 kW25,5 kW12,2 L/min3 L
Themaplus Condens F 305,9 à 24,5 kW30,6 kW14,6 L/min3 L
Themaplus Condens F 358,5 à 30 kW35,7 kW17 L/min3 L

Relevé sur la notice d’installation de la gamme, aux valeurs 80/60 °C, celles qui correspondent au fonctionnement d’un circuit de radiateurs ordinaire.

Un appartement de 70 m² correctement isolé appelle 6 à 8 kW un matin de janvier. Une F 25 le couvre trois fois. On ne monte donc pas en F 30 pour avoir plus chaud, on y monte pour deux salles de bains et un lave-linge qui tournent ensemble.

Calculer la puissance qu'il vous faut Surface, isolation, zone climatique. Le résultat s'affiche en direct, et il se compare à la colonne de gauche du tableau, pas au nom du modèle.

Deux générations sous le même nom de gamme

Un installateur qui parle de F26 et un propriétaire qui lit F 25 sur sa chaudière ne parlent pas du même appareil. La gamme a été renouvelée, sans changer de nom.

GénérationRéférences commercialesRéférences techniquesChauffageEau chaude
Jusqu’au milieu des années 2010F 25, F 30, F 35dérivées du code CE 131218,1 à 30 kW25,5 à 35,7 kW
Au catalogue aujourd’huiF26, F31, F36MA 26-CS/1, MA 31-CS/1, MA 36-CS/120 à 29,8 kW26 à 36 kW

Les puissances se sont décalées d’un cran, l’afficheur a laissé la place à une dalle tactile, et la modulation descend maintenant au huitième de la puissance maximale. Le mini-ballon est passé de trois à 3,2 litres, en inox. Une pièce commandée sur la foi d’une notice trouvée en ligne arrive donc régulièrement au mauvais format. Seule l’étiquette signalétique, derrière la trappe de façade, fait foi.

Entre les deux générations vit une série intermédiaire, estampillée H-Flex, apparue vers 2019 et donnée compatible avec un gaz contenant de l’hydrogène. À côté de la famille murale individuelle, la Themaplus M-Condens vise les conduits collectifs d’immeubles, en 26 et 31 kW.

Trois litres en réserve, et la pièce qui vient avec

La Themaplus doit son nom de famille à ce détail : une petite réserve d’eau chaude, à l’intérieur de la chaudière, tenue à température par une résistance de 25 W. Le brûleur n’a plus à se rallumer pour un lavage de mains, et l’eau sort chaude tout de suite. Le fabricant appelle ça MicroFast et le met en tête de tous ses argumentaires.

Themaplus, le mini-ballon

Trois litres tenus au chaud en permanence. L'eau chaude arrive sans attendre, la température reste stable quand deux robinets s'ouvrent ensemble, et la chaudière ne s'allume pas la nuit pour rien. En contrepartie, une résistance électrique consomme en continu et une pièce de plus peut s'entartrer.

ThemaFast, l'échangeur seul

Pas de réserve : un échangeur à plaques légèrement surdimensionné, qui garde un fond d'eau chaude entre deux puisages. Moins de pièces, moins d'électricité, un appareil plus étroit. Le confort décroche dès qu'on tire de l'eau à deux endroits en même temps.

Cette résistance ne travaille pas en continu : elle se réveille quand la réserve refroidit. Même en la supposant allumée du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre, elle plafonnerait à 219 kWh sur l’année, une quarantaine d’euros. La dépense est anecdotique. La pièce à surveiller, c’est le clapet anti-retour qui isole cette réserve du réseau d’eau froide : le calcaire s’y installe avant partout ailleurs.

Ce que ça coûte, posé, relevé en août 2026

Ce qu’on paieMontant TTCCe que ça couvre
L’appareil seul, distributeur en ligne1 820 à 2 600 €la chaudière, sans kit ventouse ni pose
La pose seule, par un chauffagiste1 000 à 1 500 €raccordements, ventouse, évacuation des condensats, dépose de l’ancienne
F26, 20 kW, posée par un installateur national3 534 €fourniture, pose, mise en service, TVA 20 %
F26, 20 kW, autre offre nationale4 009 €même prestation, remise affichée sur tarif catalogue
Devis d’artisan indépendant, 25 kW3 000 à 4 500 €selon désembouage, thermostat et filtre magnétique

Deux devis pour la même chaudière s’écartent couramment de 1 000 € sans que l’un des deux mente. Ce qui varie tient dans la colonne de droite : un désembouage du circuit, un filtre magnétique et un thermostat modulant pèsent plusieurs centaines d’euros à eux trois. Ce sont exactement les lignes que le client rabote quand le total le fait tousser, et exactement celles qui décident des huit prochaines années.

Le taux de TVA mérite un coup d’œil avant de comparer. Il est passé à 20 % sur la fourniture et la pose d’une chaudière au gaz le 1ᵉʳ mars 2025, les équipements à combustible fossile ayant quitté les taux réduits. Des pages tarifaires publiées avant cette date calculent encore sur 10 %, et un devis de 4 000 € s’y annonce à 3 640 €. Le rappel de la Fédération française du bâtiment détaille les cas de transition. L’entretien et la réparation, eux, gardent leur taux réduit. Aucune aide de l’État ne vient en déduction : le gaz est sorti des dispositifs de rénovation.

Ce qui lâche, et au bout de combien de temps

Saunier Duval fabrique ces chaudières à Nantes et tient le premier rang français sur les murales à condensation depuis plus de dix ans. C’est vrai, et ça ne dit rien de ce qui casse.

La garantie donne un premier indice, parce qu’un fabricant ne s’engage longtemps que sur ce dont il est sûr : deux ans sur les pièces, cinq ans sur le corps de chauffe. L’écart entre ces deux durées dessine la zone à surveiller. Les pièces détachées, elles, restent disponibles quinze ans après l’arrêt de la fabrication en série.

Les fils de dépannage confirment ce découpage. Le corps de chauffe fait rarement parler de lui. Autour, la liste tourne sur les mêmes organes : pompe, clapet anti-retour sanitaire entartré, vanne trois voies, bloc hydraulique, vase d’expansion. Sur un forum de consommateurs, un propriétaire de F 25 E Condens raconte une pompe morte juste après la deuxième année, puis une vanne, puis le bloc. Un autre lui oppose ses voisins, même immeuble, même eau, mêmes appareils, rien à signaler. Les deux disent vrai. Une gamme vendue par centaines de milliers d’exemplaires produit ce genre de dispersion, et le devis ne prévient pas de quel côté vous tomberez.

Deux paramètres pèsent plus lourd que la marque, et le fabricant n’y peut rien. La dureté de l’eau du réseau décide de la vie du circuit sanitaire. La propreté du circuit de chauffage décide du reste : une installation ancienne mal désembouée envoie ses boues dans un échangeur à condensation aux passages étroits.

Les pannes qui reviennent sur cette gamme

  1. Eau chaude tiède ou capricieuse, chauffage normal Le circuit sanitaire est en cause, pas le brûleur. Sur une Themaplus, le suspect numéro un est le clapet anti-retour de la mini-accumulation, entartré ou bloqué. Le symptôme classique : ça marche le matin, plus le soir.
  2. Arrêts brefs et répétés, sans aucun code à l'écran Un cas documenté sur une F25 de 2012 a fini sur le condensateur du moteur de pompe, une pièce à quelques euros que personne ne regarde parce qu'elle ne déclenche pas de défaut. Le circulateur refuse de démarrer, la chaudière renonce, et l'écran reste muet.
  3. Pression qui retombe semaine après semaine Le vase d'expansion de la gamme fait huit litres et se pré-gonfle à 0,75 bar. Une membrane percée ou un vase dégonflé produit exactement ce symptôme. Recompléter sans arrêt une installation qui perd sa pression finit par la corroder, par l'oxygène qu'on y réintroduit à chaque remplissage.
  4. Défaut d'allumage au démarrage Robinet de gaz, retour de coupure du réseau, siphon de condensats bouché. Le siphon est le coupable habituel sur les appareils à condensation, et son débordement déclenche plusieurs codes différents.

Le sens exact de ce qui s’affiche, gamme par gamme et génération par génération, est sur la page des codes d’erreur Saunier Duval.

Ce qu’on lit ailleurs sur la Themaplus, et qui ne tient pas

« Défaut F35 : comment le résoudre. » Une page entière traite ce prétendu code, l’attribue à une flamme détectée alors que le brûleur est éteint, et chiffre le nettoyage de la sonde entre 25 et 40 €. Le défaut de flamme parasite existe chez Saunier Duval, il porte le numéro F.27, et il ne se traite pas au chiffon : on ferme le robinet de gaz et on appelle, sans réarmer. F35, de son côté, est une chaudière de 30 kW.

« Rendement 109 %. » Le chiffre s’affiche sur les fiches marchandes de la gamme, et il sort bel et bien de la notice. À une ligne près. Les 109,2 % sont le rendement de la F 30 mesuré à 30 % de charge, sur un circuit 40/30 °C : un plancher chauffant tiède, un jour de mi-saison. Le même appareil sur des radiateurs à 80/60 °C est donné à 97,7 %. Les revendeurs choisissent la ligne qui dépasse cent.

« F 25, chaudière 25 kW. » Repris de fiche en fiche, jusque chez des vendeurs. Ce sont 18,1 kW aux radiateurs. L’erreur coûte de l’argent : elle pousse à prendre une F 30 « pour être tranquille » alors que la F 25 était déjà large, et une chaudière surdimensionnée s’use plus vite qu’une chaudière ajustée.

« Une chaudière à mini-accumulation s’entartre moins qu’un échangeur à plaques. » L’argument vient du constructeur et il a sa part de vrai, parce qu’un échangeur surdimensionné offre plus de surface au calcaire. Il oublie l’autre moitié : la réserve ajoute un clapet et un corps de ballon, deux pièces que l’eau dure attaque aussi. Le calcaire ne disparaît pas, il change de logement.

Prix relevés en août 2026. Ils bougent — vérifiez la date avant de vous en servir pour négocier.

Questions fréquentes

Ma notice parle de F 25 et l'étiquette de ma chaudière porte F26 : est-ce le même appareil ?

Non, et c'est une source d'erreurs de pièces. F 25, F 30 et F 35 forment la génération vendue jusqu'au milieu des années 2010. F26, F31 et F36 leur ont succédé, sous les références techniques MA 26-CS/1, MA 31-CS/1 et MA 36-CS/1. Les puissances se sont décalées d'un cran au passage. Fiez-vous à l'étiquette signalétique derrière la trappe, jamais à la notice trouvée en ligne.

Themaplus Condens ou ThemaFast Condens, qu'est-ce qui change ?

L'eau chaude, uniquement. La Themaplus embarque un mini-ballon inox de trois litres maintenu tiède par une petite résistance. La ThemaFast s'en passe et compte sur un échangeur à plaques un peu plus grand que la moyenne. Sur un seul point de puisage, l'écart se sent à peine. Deux douches en même temps, ou une salle de bains loin de la chaudière, et la Themaplus reprend l'avantage.

Ma Themaplus est une C 25 raccordée à une cheminée, puis-je la remplacer à l'identique ?

Pas à l'identique : les modèles à tirage naturel non condensation ont quitté les catalogues européens en 2015. Sur un conduit individuel, on repart en ventouse avec un percement de façade. Sur un conduit collectif d'immeuble, la réponse s'appelle Themaplus M-Condens, homologuée pour les conduits partagés, et le syndic doit être dans la boucle avant toute commande.

Combien de temps trouve-t-on les pièces d'une Themaplus ?

Le fabricant s'engage sur quinze ans après l'arrêt de la fabrication en série, ce qui couvre confortablement les générations encore murées dans les logements. Sur les modèles d'avant 2015, la contrainte n'est plus l'approvisionnement mais l'arithmétique : un bloc hydraulique et une carte posés la même année dépassent la moitié du prix d'une chaudière neuve.

Une F 30 chauffe-t-elle mieux qu'une F 25 ?

Elle chauffe plus fort, 24,5 kW contre 18,1, et ce n'est pas forcément mieux. Une chaudière surdimensionnée passe la mi-saison à s'allumer et s'éteindre, ce qui use l'électrode et le ventilateur sans rien apporter au confort. On monte en gamme pour le débit d'eau chaude, quand la maison compte deux salles de bains, pas pour gagner des degrés dans les radiateurs.