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Réglage 10 min 12 août 2026

Vincent Ferrand Rédacteur technique

Robinet thermostatique de radiateur : les positions 1 à 5 en degrés

Les repères d'une tête thermostatique sont des degrés, pas des vitesses de chauffe : 3 vaut 20 °C. Le barème, le radiateur qu'on n'équipe jamais, et la tête bloquée de septembre.

En bref

Les repères 1 à 5 d'une tête thermostatique désignent une température de pièce, pas une puissance : le 3 vise environ 20 °C, et chaque chiffre en vaut quatre de plus. Pousser sur 5 ne réchauffe pas la pièce plus vite, ça la chauffe plus longtemps avant de couper. Le radiateur de la pièce où se trouve le thermostat d'ambiance, lui, garde un robinet ordinaire.

Le chiffre choisit une température, pas un débit

Un robinet thermostatique ne dose pas la puissance du radiateur. Il fixe la température de la pièce à laquelle l’arrivée d’eau chaude se coupe.

Le mécanisme tient entier dans la tête, sans pile ni fil. Un bulbe rempli de liquide se dilate quand l’air se réchauffe, pousse un soufflet, le soufflet enfonce un pointeau, le pointeau s’assoit sur son siège et ferme le passage. L’air refroidit, le liquide se contracte, le ressort rouvre. La fiche technique de la tête K d’IMI Heimeier chiffre la course : 0,22 millimètre par degré. Tout votre réglage se joue sur deux millimètres de tige en laiton.

Le chiffre gravé sur le volant fixe le seuil de cette fermeture.

RepèreTempérature viséeCe que ça vaut comme pièce
flocon6 °Ccave, garage, logement quitté pour l’hiver
112 °Ccage d’escalier, entrée non chauffée
216 °Cchambre à coucher, salle de jeux
entre 2 et 318 °Ccuisine, couloir
320 °Csalon, salle à manger
entre 3 et 422 °Cbureau, chambre d’enfant
424 °Csalle de bains
528 °Cbutée haute, pas une pièce

Ce barème sort des notices constructeur. Heimeier l’écrit dans la fiche de sa tête K : le chiffre 3 correspond à 20 °C environ au bulbe, l’écart entre deux chiffres tourne autour de 4 °C, et un trait de graduation en vaut un seul. Le guide de régulation de Danfoss donne la même échelle. Deux fabricants, un barème commun, et la norme EN 215 derrière.

Les traits gravés entre les chiffres sont la partie utile du volant, et presque personne ne s’en sert. L’arbitrage d’un mois de janvier se fait entre 20 et 21 °C, pas entre 20 et 24. Un cran, donc. Heimeier chiffre ce que coûte le cran de trop : un degré de consigne en plus vaut six pour cent de consommation en plus. Venant du fabricant de la tête, le chiffre a du poids.

4 °C séparent deux chiffres voisins. Passer de 3 à 4 revient à demander 24 °C au lieu de 20.

Pousser sur 5 ne réchauffe pas la pièce plus vite

C’est le geste du soir d’hiver, en rentrant dans un salon à 16 °C. On tourne tout à droite, on attend d’avoir chaud, on rebaisse. Le geste ne fait gagner aucune minute.

Le mécanisme travaille en régulateur proportionnel : l’ouverture du clapet suit l’écart entre la température lue et la consigne, et cet écart n’a pas besoin d’être grand pour ouvrir en grand. La bande proportionnelle d’une tête K reste sous le degré, et la norme EN 215 éprouve les têtes sur deux degrés d’écart. Dans le salon à 16 °C, position 3, le clapet est donc déjà en butée d’ouverture. Il laisse passer tout ce que le circulateur envoie. Le mettre sur 5 n’ouvre rien de plus, faute de quoi ouvrir.

La position 5 ne change pas la vitesse de chauffe. Elle recule l'heure de la coupure.

Sur 3, la vanne commence à se refermer vers 20 °C. Sur 5, elle continue de laisser passer l'eau chaude jusqu'à 28. La pièce met le même temps à atteindre 20 °C, puis elle le dépasse, et le compteur tourne pendant ce dépassement.

La vitesse de chauffe se décide ailleurs : dans la puissance du radiateur, dans la température de départ d’eau que règle la courbe de chauffe. Le volant poussé à fond ne fabrique ni l’une ni l’autre.

Pousser le volant à fond garde un usage : vérifier qu’une tête restée six mois immobile bouge encore. Là, il s’agit d’entretien.

Le seul radiateur de la maison qu’on n’équipe pas

Une chaudière pilotée par un thermostat d’ambiance obéit à une pièce, une seule, celle où l’appareil est fixé au mur. Tant que cette pièce n’atteint pas sa consigne, la chaudière chauffe, et elle chauffe pour tout le logement. Les autres pièces, le thermostat ne les connaît pas.

Posez une tête thermostatique sur le radiateur de cette pièce-là, et deux régulateurs commandent la même température sans se parler.

La tête du salon se ferme à 20 °C Le salon refroidit, privé de son radiateur Le thermostat le mesure et rappelle la chaudière L'eau arrive, la tête est toujours fermée la tête rouvre vingt minutes plus tard : la chaudière vient de couper
Les deux appareils lisent le même air et décident chacun de leur côté. Le décalage entre leurs temps de réaction suffit à installer l'oscillation, sans qu'aucun des deux soit en panne.

La lenteur du bulbe achève le tableau. Comptez dix-neuf minutes de temps de manœuvre pour un bulbe intégré, d’après la même fiche technique, quand un thermostat électronique révise sa décision toutes les quelques minutes. Deux organes de commande sur la même grandeur, avec des temps de réponse du simple au quintuple : la boucle oscille. Le salon balance entre 18 et 22 °C, les chambres surchauffent parce que la chaudière tourne pour rattraper une pièce qu’elle ne peut plus atteindre, et le brûleur démarre trois fois par heure au lieu d’une.

Le placement du thermostat obéit à ses propres contraintes : mur intérieur, hauteur d’homme, loin d’une porte, d’une fenêtre et de toute source de chaleur. Une fois qu’il est là, c’est lui qui tient la pièce. Les têtes des autres radiateurs travaillent en dessous de sa consigne : elles retirent de la chaleur à une chambre trop chaude, et sur un logement que la chaudière a cessé de chauffer, elles n’ont plus prise.

En septembre, la tête ne commande plus rien

C’est la panne d’octobre la plus banale, et elle se répare à la main. Un logement chauffé revient de cinq mois d’arrêt ; un radiateur reste froid pendant que les autres montent en température. Le coupable est le pointeau, resté enfoncé tout l’été sous la poussée du bulbe, collé dans son logement par l’oxyde et le calcaire.

Le pointeau n’est pas la seule cause d’un radiateur froid à la rentrée, et les trois cas se distinguent à la main. Froid en partie haute seulement : de l’air, donc une purge. Froid en partie basse : des boues déposées, donc un désembouage. Froid sur toute sa hauteur, tuyau d’arrivée compris, pendant que les voisins chauffent : le pointeau.

Rien ne s’écoule quand on retire la tête. Un presse-étoupe tient l’eau dans le corps et il ne bouge pas, donc le geste se fait chaudière en marche.

  1. Vérifiez que c'est bien ça Chauffage en route depuis une heure, tête ouverte en grand, les autres radiateurs chauds et celui-là froid sur toute sa hauteur, tuyau d'arrivée compris.
  2. Déposez la tête Écrou moleté à dévisser à la main dans la plupart des cas, bague à ouvrir sur les vannes Danfoss à collier. Une pince multiprise avec un chiffon si l'écrou résiste.
  3. Regardez la tige Une tige de laiton dépasse au centre du corps. Sur un robinet en état, elle sort de quelques millimètres et revient seule sous le doigt. Enfoncée à ras et immobile, c'est elle qui bloque le radiateur.
  4. Ramenez-la Pince à becs plats sur la tige, traction droite dans l'axe, sans lever ni tordre. Elle revient d'un coup sec. Si elle ne bouge pas, tapotez le flanc du corps avec le manche d'un tournevis pendant que vous tirez.
  5. Faites-la travailler Une vingtaine d'allers-retours au pouce, jusqu'à ce qu'elle s'enfonce et remonte franchement toute seule. Si elle remonte mollement, elle se recollera à la fermeture suivante.
  6. Reposez la tête sur 5 Le radiateur doit chauffer dans le quart d'heure. Remettez la consigne voulue une fois qu'il est chaud, pas avant.

Si la tige refuse de revenir après ce traitement, la mécanique interne est perdue et c’est le corps du robinet qu’il faut changer, donc vidanger le circuit. Ne noyez pas le pointeau de dégrippant : le produit atteint le joint torique du presse-étoupe, qui gonfle et finit par suinter quelques semaines plus tard.

Changer la tête seule : tout se joue sur le raccordement

La tête vieillit bien avant le corps du robinet. Le bulbe perd sa charge, la graduation ne veut plus rien dire, le volant tourne dans le vide. Remplacer la tête seule vaut de vingt à trente-cinq euros pour une marque connue, sans vidange et sans plombier. Remplacer le robinet entier demande de vider le circuit et de reprendre le raccordement à la tuyauterie.

Encore faut-il que la tête se visse sur le corps existant. Le raccordement le plus répandu est le M30 × 1,5, un écrou fileté de trente millimètres de diamètre extérieur, et l’immense majorité des têtes vendues aujourd’hui porte ce filetage. Les autres se rattrapent avec une bague d’adaptation, cinq à douze euros, souvent déjà dans la boîte des têtes connectées.

Ce que vous avez sur le corpsLe raccordementLes marques concernées
Écrou fileté, 30 mm de diamètreM30 × 1,5Heimeier, Honeywell, Oventrop récent, Comap récent, Danfoss RA-N. La tête se visse directement.
Écrou fileté, 28 mmM28 × 1,5Herz, Comap ancien, TA, MMA, Markaryd. Adaptateur, ou tête livrée au bon pas.
Écrou de 30 mm mais un filet visiblement plus finM30 × 1,0Oventrop ancien. Une tête M30 × 1,5 s’engage d’un tour puis coince : ne forcez pas, vous abîmez les deux.
Collier de serrage d’une vingtaine de millimètresDanfoss RAAdaptateur RA. Corps posés depuis 1986.
Collier de 26 mmDanfoss RAVLAdaptateur RAVL. Corps posés de 1971 à 1985.
Collier de 34 mmDanfoss RAVAdaptateur RAV. Corps posés jusqu’en 1970, avec un ergot sur la tige.
Collier de 22,6 mmGiacominiAdaptateur dédié.
Collier d’environ 30 mmVaillantAdaptateur dédié.

Le corps nu se lit à l’œil. Des filets apparents : raccordement vissé. Une bague lisse avec une vis de serrage sur le côté : collier. Un pied à coulisse sur le diamètre extérieur règle le reste, trente millimètres ou vingt-huit. Sans pied à coulisse, une photo du corps nu, prise de face et de profil, se compare au tableau d’identification que Danfoss publie pour ses propres vannes.

Chiffrer ce que coûte une saison de chauffage Le degré de consigne en trop vaut six pour cent. Six pour cent de quelle somme, ça dépend de votre énergie.

Ce qu’on lit ailleurs et qui ne tient pas

« Position 1 : 15 à 16 °C. Position 2 : 16 à 17 °C. » Ce tableau circule sur des dizaines de pages et ne vient d’aucune notice. Il tasse cinq chiffres sur sept degrés quand les fabricants en étalent vingt-deux, et il se trompe dans les deux sens : la chambre réglée sur 2 pour viser 17 °C en reçoit 16, le salon poussé sur 4 pour 22 °C en demande 24. Le barème du constructeur figure dans la fiche technique de la tête, et Heimeier comme Danfoss donnent le même.

« Vérifiez la compatibilité : 12/17, 15/21 ou 20/27. » Ces trois valeurs désignent le filetage des tuyaux, soit du 3/8, du 1/2 et du 3/4 de pouce. Elles concernent le raccordement du corps de robinet à l’installation, donc le plombier qui change tout le robinet. Celui qui achète une tête seule doit regarder le M30 × 1,5, qui se mesure sur une autre pièce.

« Un robinet thermostatique fait économiser jusqu’à 28 %. » Le chiffre suppose un logement dont les radiateurs n’avaient aucune régulation, où le soleil de midi et la cuisson du dîner partaient entièrement par les fenêtres. Sur une installation qui a déjà un thermostat d’ambiance correctement placé, les têtes ne récupèrent que l’écart entre les pièces : la chambre à 17 °C pendant que le salon est à 20. C’est appréciable, et c’est loin du quart de la facture.

« Mettez la tête au maximum pour chauffer plus vite. » Le conseil traîne jusque dans des guides d’installateur. Une vanne déjà en butée d’ouverture ne s’ouvre pas davantage, et le seul effet obtenu est une pièce qui dépasse sa consigne pendant qu’on a oublié de rebaisser.

Ce que la réglementation prévoit pour 2027

En immeuble collectif, la loi s’en mêle. L’individualisation des frais de chauffage suppose que les émetteurs soient d’abord équipés d’organes de régulation en fonction de la température de la pièce, et le code de l’énergie nomme les robinets thermostatiques en état de fonctionnement.

Le décret du 7 juin 2023 va plus loin et prend effet au 1er janvier 2027. Le nouvel article R. 241-31-1 du code de l’énergie demande une régulation automatique pièce par pièce, réajustée au moins toutes les heures, et une programmation sur quatre allures : confort, réduit, hors gel et arrêt, avec bascule automatique entre les deux premières. Une tête mécanique tient la régulation pièce par pièce et sait faire le hors gel. Elle ne bascule pas toute seule du confort au réduit à vingt-trois heures, faute d’horloge. Un copropriétaire qui équipe aujourd’hui ses radiateurs pour dix ans a intérêt à regarder du côté des têtes programmables avant de commander vingt volants mécaniques.

Prix relevés en août 2026. Ils bougent — vérifiez la date avant de vous en servir pour négocier.

Questions fréquentes

Faut-il fermer les robinets des pièces qu'on n'occupe pas ?

Les baisser, oui. Les fermer, non. Une pièce ramenée à 12 °C pompe la chaleur des pièces voisines à travers les cloisons, qui ne sont presque jamais isolées, et elle relance la condensation dans les angles. Le repère 2, soit 16 °C environ, tient les murs au sec et coûte déjà bien moins qu'un salon. La position hors gel se réserve à ce qu'on n'ouvre pas de l'hiver : cave, garage, résidence quittée.

Ma tête est sur 3 et la pièce monte à 23 °C, d'où ça vient ?

Le bulbe lit autre chose que l'air de la pièce. Un rideau qui tombe devant, un cache-radiateur, une niche, une console profonde : le bulbe baigne dans un air frais pendant que la pièce chauffe, et il n'ordonne jamais la fermeture. Le soleil direct produit l'inverse. Dans ces situations, les fabricants prévoient une tête à bulbe déporté, relié par un capillaire d'un à cinq mètres, qu'on fixe sur un mur dégagé.

Faut-il vidanger le chauffage pour changer une tête thermostatique ?

Non. La tête se dévisse ou se déclipse sans que rien ne coule, radiateur chaud compris : l'étanchéité est assurée par le presse-étoupe du corps, que vous ne touchez pas. La vidange ne devient nécessaire que pour remplacer le corps du robinet lui-même, celui qui est raccordé à la tuyauterie.

Le radiateur reste tiède alors que la tête est ouverte en grand, est-ce le robinet ?

Rarement. Une tête ouverte laisse passer tout ce que le circuit envoie ; si le débit manque, il manque ailleurs. Regardez d'abord le té de réglage à l'autre extrémité du radiateur, celui qu'un installateur a serré au moment de l'équilibrage et que personne n'a rouvert depuis. Puis la répartition du froid sur le corps : haut froid, c'est de l'air ; bas froid, ce sont des boues.

Une tête connectée se pose-t-elle sur un robinet ancien ?

Sur la plupart, oui, avec l'adaptateur qui correspond au corps. Les modèles vendus en grande surface arrivent d'ailleurs avec trois ou quatre bagues dans la boîte, dont celles des vannes Danfoss à collier. Ce qui décide, c'est le raccordement du corps ; la marque de la tête vient après. Une photo du robinet en main suffit à trancher au rayon.